Valid XHTML 1.0 Transitional
ipv6 ready

Fanfictions
 
 
  Une utopique certitude.
Écrite par Anneauthier le 16/07/2014 à 23h55
Note : 20,0/20 Catégorie : Autres
Lue 3433 fois Ceci est un One-Shot (ou plus couramment, un OS). Un texte court qui transmet souvent des messages ou des sentiments. Celui-ci est court, pas très concluant, et, euh, métaphorique. Tout ce que vous lirez dans ce texte, dites-vous que ce sont des images de sentiments, de contextes qui concernent je dirais les 95% du forum (il vient de là-bas originellement, sisi). Ou, pour faire plus court, c'est un placement de musiques Beatlesques. Quoi ? Je ne vous ai pas dis que ce texte vous bercerait de musiques de ce groupe ? En y pensant, je remercie Shaka pour m'avoir transmis son regard de la nuit. Et à Café Noir, parce qu'il a tout pigé dessus. Même s'il dort beaucoup trop. Quelle trahison. Petite mention à propos de l'OS : le personnage principal vient bel et bien de Code Lyokô. Et cette aventure se passe avant 2004, enfin, avant que Jérémie ne découvre le supercalculateur et Lyokô. Si, avec tout ça, vous ne devinerez pas qui c'est. (a)
 
 

 
 

« Nos seules vérités, hommes, sont nos douleurs. »
Alphonse de Lamartine.


When I find myself in times of troubles.
Mother Marie comes to me.


L'Utopie ? L'Utopie, qu'est-ce que c'est ? C'est un regroupement d'idéologies. De nos idéologies. Chacun a sans nul doute son Utopie. Construite ou en construction. Chacun rêverait de l'atteindre. Mais pourquoi ? Il fallait juste vivre dans la réalité, comme disent beaucoup. Profiter de ces quelques années de vie qui nous ont été offertes. De ce semblant d'Utopie, finalement. Pourquoi les hommes ne regardaient que plus haut ? Pourquoi ne regarderaient-ils pas à leur niveau ? Voir la beauté dans ce qu'ils ont, au lieu de voir la beauté de ce qu'ils pourraient avoir ?


Stoppons-nous là. Ceci était la vision des gens qui ne le comprenaient pas. Qui ne comprenaient pas cet enfant. Ceux qui avaient cette vision de la vie étaient chanceux, très chanceux. Parce que lui, il aimait l'Utopie. C'était... apaisant. Il pouvait planer. Il était libre.


Speaking words of widsom, let it Be.
And my hour of darkness.
She's standing right in front of me.
Speaking words of widsom, let it Be.


Et cette Utopie était vraie. Elle était belle. Elle était d'une splendeur à tout rompre. Et lui était amoureux de cette Utopie. Il était amoureux de sa perfection à lui.


Il était là, dressé en haut d'un triste monticule, tâché de sang, de cœurs ensanglantés victimes de flèches. Sauter, c'était mourir. Il ne pouvait rien faire. Il devait rester sur ce monticule, il devait s'asseoir et attendre, espérant que les flèches qui survenaient de nulle part ne feraient que l'effleurer, que lui écorcher la peau. Qu'elles laisseraient sa vie tranquille. Mais dans une pulsion innocente, le garçon voulut briser ses chaînes. Rien qu'un instant. Faire un bond. Risquer l'Utopie. Risquer sa perfection à lui. Et dans cet élan gracieux, il s'en alla de ce haut et triste monticule, pour tomber, pour s'échapper.


Pour vivre.


Let it Be,
Let it Be.


Il crut réellement tomber. Il crut rejoindre sa mort, après coup. Mais pourtant non. On le retint. On vint à son secours, pour la première fois. C'était une main. Douce. Féminine. Venue le soutenir dans cette chute vers l'enfer. Et comme deux ailes réconfortantes, cette main féminine le tira, et ils prirent ensemble de la hauteur. Ils s'échappèrent le temps d'apprécier le bonheur. L'espoir d'échapper à la réalité. L'Utopie. Elle le tira, et l'emmena à travers nuages et étoiles. Il pouvait admirer ce ciel sombre, obscur et calmant. Le vent faire virevolter ses mèches blondes, ses grandes lunettes rondes, où il contemplait à travers les verres ces points briller, déchirant la noirceur comme des signaux de secours. Lorsque ce garçon les regardait, il semblait y voir un souvenir oublié. Quelque chose qui était presque comme au bout de sa langue. Comme s'il planait dans un autre univers. Oui. Il planait. Dans un autre univers. Dans une dimension si belle. Si arrogante.


La jeune fille le lâcha dans un geste vif, le propulsant vers l'avant. Il vola, scindant le ciel comme une étoile filante, une étoile fugitive qui pouvait s'éloigner très loin des flèches, très loin des cœurs ensanglantés, très loin de toute ce chaos. Vivre juste un instant dans la plénitude.


Il atterrit sur un nuage, cotonneux. Comme sa perle à lui, cette espèce de coussin utopique, qui pouvait s'écarter loin des problèmes. Loin de ses peurs. De ses bourreaux. Contempler cette merveilleuse touche de bleue dans le ciel, posé à côté de cette jeune fille. Elle était blanche, radieuse, lumineuse. Pas grosse, pas fine. Une femme comme les autres mais à la fois exceptionnelle, comme une blancheur d'été. Son visage était absent. Juste cette tête remplie d'une grande lumière blanche. C'était époustouflant. C'était apaisant. C'était utopique, comme toujours. Parce que quand il la regardait, il voyait une étoile. L'étoile intrigante, qui le tirait vers ses rêvasseries.


Les sentiments qu'il éprouvait résumaient sa vie. Il fuyait. Simplement. Il rêvait. Il regardait le ciel, parce que ses étoiles étaient loin de cette planète apocalyptique. Il se posait sur un nuage cotonneux parce que c'était agréable, plus doux que tout ce qu'il avait ressenti. Il regardait cette fille comme celles de ses songes, parce qu'avec elle, son cœur était enfin rempli. Parce qu'elle était la clef à ses sentiments manquants.


And when the broken hearted people.
Living in the world agree.
There will be an answer, let it Be.
For though they may be parted.
There is still a chance that they will see.
There will be an answer, let it Be.


Parce que les étoiles brillaient d'une même lueur. Parce qu'elles étaient, de loin, uniformes. Qu'elles s'entendaient toutes. Qu'elles se ressemblaient tant. Qu'elles étaient une Utopie. La communion de tous les hommes dans une parfaite harmonie. C'était l'Utopie du garçon. Mais l'Utopie était fausse. L'Utopie avait elle aussi sa durée. Et les étoiles disparaissaient. Au profit de cette triste lueur du jour. De ce soleil qui cachait la lune, la Marie qui veillait sur nous, qui veillait sur ses étoiles, la fille lumineuse qui tenait le bateau pour ne pas les faire chuter dans cette apocalyptique Terre.


Mais cela était trop tard. Le soleil se levait. Sa lueur était telle que ses rayons en cachaient la jeune fille à ses côtés. Non ! Elle devait rester ! Sa lune ! Il avait besoin de sa lune pour le guider ! De cette force qui le rendrait certain. Trop tard. Le soleil brûlait, brûlait tout. Le nuage se dissipa. Adieux beau monde.


Et il retomba. Il chercha sa lune, il chercha ce monde envolé, ce monde parfait, qui le faisait planer. Non. Ils étaient partis ? Ils l'avaient laissé. Ils l'avaient laissé tomber littéralement.


Let it Be.


« Ce qui rend les amitiés indissolubles et double leur charme est un sentiment qui manque à l'amour : la certitude. »
Honoré de Balzac.

 

Il se réveilla en croyant ressentir la chute de son rêve. Mais le matelas l'avait décidément stoppé. C'était un rêve utop... non. Il ne voulait pas entendre ce mot. Cet horrible mot qui lui portait préjudice. Qui le faisait rêver. L'Utopie n'était rien.


L'Utopie n'était qu'un espoir auxquels les gens s'accrochaient et se perdaient.
Dans l'espoir.
Dans l'attente.


Yesterday,
All my troubles seemed so far away.


Oui, hier, ses problèmes étaient loin. Hier, il était vacancier. Il était rêveur. Il était charmeur. Il était lui. Aujourd'hui, il était un gamin sans espoir, sans rien. Il n'avait plus rien pour remplir son cœur. Il n'avait que sa peau qui recouvrait de faibles muscles. Il n'avait que son cerveau. Son intelligence. Sa maturité plus évoluée. C'était... tout ? Mais qui pourrait sans soucier ? Il n'était rien aux yeux des autres, il n'était qu'un enfant seul et bizarre. Qui ferait durant, de nouveau, durant, une année, durant, tout un enfer, les cents pas dans la cours. Parce qu'il ne pourrait parler à personne. Parce qu'il lui manquait quelque chose, ce petit quelque chose qui l'empêchait de s'avouer, de se montrer. Ce petit quelque chose qui l'interdisait de toute amitié. Et même de tout amour peut-être.


La confiance.
Une utopique certitude.

 
 

Commentaires
 
Note :
20
Commentaire de DerDoctor - Posté le 05-04-2016 à 22:34

Un récit peut-être court, mais synthétique, captivant, extrêmement bien rédigé et en effet très métaphorique... ce qui est plutôt rare ici. Je ne regrette pas d'avoir attribué à ce texte un 20, au vu de sa fluidité, sa cohérence, et de l'intérêt qu'il suscite chez le lecteur. Félicitations.

[ Voir tous les commentaires / Ajouter un commentaire ]