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Philip K. (Kindred) Dick
 
 Philip K. Dick & Franz Hopper

[A) Deux individus meurtris] [B) Deux paranoïaques] [C) En avance sur leur temps ?] [D) Another world] [Conclusion]
 
 

 
 Si vous avez lu la fiche de Lieux de Kadic, vous aurez appris que le nom du collège n'est rien d'autre qu'un hommage à cet écrivain américain de science-fiction. Pour faire bref sur ce dernier avant de plonger dans l'analyse, je vais citer Wikipédia.

« Philip Kindred Dick, mieux connu sous le nom de plume Philip K. Dick, né le 16 décembre 1928 à Chicago, décédé le 2 mars 1982 à Santa Ana (Californie), était un auteur américain de romans et de nouvelles de science-fiction. »

La nouvelle de la liaison entre le nom du collège-lycée des héros et cet auteur (Kadic & K. Dick) n'est pas récente. Pour ma part, j'en ai eu une seconde confirmation par Jérôme Mouscadet lors de l'avant-première saison 4, du 5 juillet 2007.
Je constate que cette piste n'a malheureusement jamais, ou pas à ma connaissance été approfondie en France, et CodeLyoko.Fr va donc vous proposer quelques pistes, car l'idée est de comparer ce personnage inquiétant et tourmenté à Franz Hopper.

Tout d'abord, utilisons le pouvoir du visuel !

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On peut noter quelques ressemblances, non ?

Passons dans les faits. Je vais devoir vous éclaircir certains points de la vie de Philip K. Dick, tout au long du dossier.
 
 

A) Deux individus meurtris
 
Bien que ce point ne soit pas mis en avance dans la série pour ne pas en blesser les plus jeunes, Franz Hopper est de toute évidence un homme meurtri par la perte de sa femme, qui lui a laissé une profonde cicatrice. La présence des trois scanners dans le sous-sol de l'usine laisse penser qu'il aurait souhaité emmener avec lui et Aelita, sa tendre femme Antéa.
Ainsi, comme Lyokô, la vie de Franz Hopper connaîtra un manque et un sentiment d'inachevé. C'est assez personnel, cependant, j'ai la conviction que si Hopper avait finalisé Lyokô, il aurait toujours eu un sentiment de frustration, du fait que sa femme n'aurait jamais pu découvrir cette grande œuvre.

Passons au réel.
Le fait suivant semble être devenu une banalité de roman et pourtant, c'est un bout de vrai de la vie de Philip K. Dick : L'homme avait une sœur jumelle qui est morte un mois et 10 jours après leur naissance. Ce fait marquera indubitablement l'écrivain dans sa vie et son œuvre.
L'auteur et son œuvre, d'après Wikipédia, (J'insiste sur le fait que prétendre connaître un homme à partir d'un article Internet est une hérésie, surtout un homme aussi complexe que lui, donc prenons des pincettes) auraient toujours eu une « partie manquante », qui se ressentirait dans certains romans. Voici donc un lien avec Hopper.
Je préfère comparer la femme de l'un à la sœur de l'autre, car la vie sentimentale amoureuse de K. Dick n'a jamais été stable.

Je relèverai aussi le fait que les parents de l'écrivain se sont séparés dès les 4 ans de l'enfant et le père rompit tout lien avec la famille. Dick s'en serait plaint toute sa vie et sur ce plan là, il est plus comparable à Aelita qui est dans l'éternelle logique du manque de son père.
 

B) Deux paranoïaques
 
Franz d'abord.
Je n'ai sûrement pas besoin de vous rappeler l'incontournable épisode 52 de la série. Nous y découvrons un des visages d'Hopper : Celui de l'homme tourmenté, à la fois mégalomane et paranoïaque.
Souvenez-vous les extraits du journal, visionnés par Jérémie... Le « Grand Projet » / « Quelqu'un l'espionne »... On « veut l'éliminer »... Si le flash back d'Aelita du même épisode et les épisodes 57 et 82 nous rassurent en montrant à quel point ce père aimait sa fille, Franz (Ou Waldo si vous préférez) n'en reste pas moins un personnage inquiétant...

Philip ensuite.
L'intrigue pèse autant sur son œuvre que sur sa vie.

Dans sa vie de couple premièrement...
L'auteur se marie pour la seconde fois en juin 1950 avec Kleo Apostolides, d'origine grecque, militante gauchiste mineure, fichée au FBI car accusée de communisme. Je vous rappelle, en effet, que la guerre froide bat son plein et que la « chasse aux sorcières » (=Aux communistes) est virulente aux USA (Le maccarthysme la nommera-t-on).
C'est alors que deux agents du FBI vont demander à Dick d'enquêter sur sa propre femme, ce que l'auteur refusa ! Mais les agents du FBI sont loin de ne pas rappeler les hommes en noir.

Dick finit par divorcer et se marier à Anne Williams Rubinstein. Après un début d'idylle et une fille (une petite Aelita ?), notre individu va faire une rechute dans la paranoïa : Il soupçonnera se femme de vouloir le tuer ! Je le cite :
« C'était une psychotique meurtrière. Elle me faisait peur et par deux fois elle a tenté de me tuer. »

Du point de vue politique...
Effectivement, les premiers romans de Dick seront très teintés de politique. Même s'il n'a jamais eu preuve d'une activité politique de Dick, je me permets un parallèle avec le projet Carthage dans lequel est mouillé Hopper.

Dick développera une paranoïa assez tôt. Il affirme qu'il n'a pas de succès car des gens se liguaient contre lui et fomentaient !
Il se « shoota » même aux cachets et devint parfois dépressif.
Est-ce juste de comparer la drogue que sont les amphétamines à la dépendance qui liait Hopper à sa machine et à ses retours dans le temps ? Je vous laisse aviser !

Après une phase de succès au milieu des années 60, la demeure de K. Dick est cambriolée et de nombreuses affaires sont dérobées. Je prends la peine de vous signaler ce fait divers, car votre esprit sagace aura déjà fait le lien avec l'état dans lequel Aelita et Jérémie découvrirent l'Ermitage, fouillé par les hommes en noir.
Dick soupçonnera derechef le FBI de vouloir attenter à sa vie. Le reste de sa vie sera peu glorieux, partagé entre écriture, tentative de suicide et essai de séduction de jeunes femmes...
Reste que l'auteur s'est attelé à une idée que je vous explicite en D).
 

C) En avance sur leur temps ?
 
Nos dossiers vous donnent toutes les informations nécessaires pour savoir que la technologie de la série est en avance sur notre temps. Comme c'est communément admis, Franz Hopper est un génie.

Le génie est toutefois difficile à définir et je ne m'avancerai pas à dire que K. Dick en est un. Et pourtant... L'homme, malgré les défauts de son style littéraire, est un grand écrivain, qui comme beaucoup de personnes en avance sur la mentalité de leur époque (Copernic pour citer de grands noms) et reconnus qu'après leur mort (Le Douanier Rousseau pour citer un artiste talentueux et méconnu), Philip connaîtra ses plus gros succès à la fin de sa vie et son œuvre deviendra mythique.
En 1960, les 30 Glorieuses et l'opulence battent leur plein. L'humeur des gens n'est pas à la suspicion. La science-fiction n'est plus ou pas encore à la mode ! Malgré cela, Dick aurait bien pu écrire Matrix qu'il aurait fait un flop. L'idée de la confrontation entre homme et machine est réellement à ce que l'on pourrait qualifier d'âge d'or... Dessin animé (Code Lyokô), film (Matrix), livre (L'androïde), futurisme (Star Wars et citation d'Obiwan dans l'épisode II), manga (Akira) etc... à partir des années 80 et non des années 60/70...

J'ajoute que ces contemporains trouvaient ses concepts scientifiques étranges, farfelus ou peu compréhensibles. En 1960, il est trop tôt pour ne serait-ce qu'employer le mot « ordinateur », cependant, je compare, vous l'aurez compris, le génie de Hopper avant-gardiste à celui de K. Dick non-reconnu par les gens de son époque. L'auteur est né 20 ans trop tôt...

Et pourtant... A nouveau, le personnage est plein d'ambiguïté. Quand, en 1962, le Maître du Haut Château est publié, c'est un succès. Or, K Dick ne s'en réjouit pas. Il ne veut pas intégrer le monde mondain et profiter de sa renommée. Il veut être connu pour la science-fiction et se brouillera même avec sa troisième femme. (Ah oui, j'avais oublié de vous préciser qu'il avait encore changé entre temps)...
 

D) Another world
 
Dans la plus sombre année de sa vie, vers la fin, K. Dick devient persuadé que notre monde est fictif et qu'il existe une réalité supérieure.
Il s'imaginera que des Extra-terrestres sont entrés en contact avec lui. Il s'intéressera à la scientologie et prétendra avoir des révélations divines.

Ici les rôles sont assez inversés.
En effet, Lyokô, l'œuvre de Hopper, ne vise pas à s'imposer comme une réalité supérieure à la Terre. Néanmoins, on y trouve l'idéal d'évasion. C'est l'essence de Lyokô que de permettre à son créateur de fuir la Terre et sa noirceur.

Notons qu'un des romans de K. Dick mettra en place un monde où les humains ont émigrés sur Mars (Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?). Sont-ce les modèles de nos Lyokô-guerriers ? Qu'on le veuille ou pas, Lyokô n'est pas la Terre et ses pionniers sont donc des extra-terrestres.

En outre, dans cet œuvre, K. Dick traite d'un thème récurent de la science fiction : l'opposition entre l'homme et la machine.
Même s'il espérait un autre monde, l'écrivain nous montre bien que l'homme ne vaut peut-être pas mieux que la machine...
Et sur ce point, bien qu'éloigné de la morale de Code Lyokô, Dick se rapproche encore du personnage d'Hopper qui souhaitait devenir à vie un programme informatique et qui a également programmé XANA pour détruire le Projet Carthage et donc réparer les erreurs humaines.
 

Conclusion
 
Voulues ou non par les scénaristes, l'influence de K Dick sur Code Lyokô ne se limite pas à l'hommage qui est rendu à cet homme par le nom du collège Kadic.
Le personnage de Franz Hopper possède de nombreux points qui le rapprochent du défunt Philip K. Dick et qui nous rappelle que, bien qu'à l'origine destiné à un jeune public, Code Lyokô comporte également des traces culturelles non négligeables.